L’arbre de la subordination
Relatives ou conjonctives ? Circonstancielles ou interrogatives indirectes ? Pour nos élèves, la langue est un parcours semé d’embûches et il faut bien avouer qu’il n’est pas facile de s’y retrouver au pays des subordonnées … Ajoutez à cela qu’avant de transpirer à leur identification, il faut s’assurer de solides assises : maîtriser la notion de proposition, de mots subordonnants, démêler coordination, juxtaposition, subordination … Bref pour certains, c’est le parcours du combattant ! Alors depuis deux ans, j’élabore et peaufine cette fiche outil : Un arbre de décision de la subordination.
Disons-le toute suite, la fiche que je vous propose aujourd’hui en est déjà à sa troisième ou quatrième version, elle n’est certainement pas parfaite et il est fort possible qu’elle évolue encore. C’est la deuxième année que je la propose à mes élèves (en 4eme et en 3eme) et il n’y a pas mieux que leurs retours, interrogations, objections, impasses pour questionner et faire évoluer nos documents. Aussi, si vous testez la recette, n’hésitez pas à me faire part de vos avis, critiques constructives et propositions d’amélioration, je serais ravie d’échanger avec vous sur ce support.
Ce que la fiche n’est pas :
- Une leçon à apprendre
- Un document exhaustif (vous verrez que j’ai volontairement laissé de côté certaines subordonnées)
- Une baguette magique (je ne pense pas avoir élaboré le document infaillible, notre grammaire est complexe et je crois qu’aucune leçon ou activité ne peut prétendre couvrir toutes ses subtilités).
Ce que la fiche est :
- Un outil à utiliser en classe ou en évaluation
- Un processus visant à automatiser les manipulations syntaxiques
- Une aide à l’analyse grammaticale (à compléter selon vos habitudes avec des points de langue, des exercices d’application, d’automatisation …)
- Un levier pour les élèves en difficulté

Comment utiliser la fiche L’arbre de décision de la subordination ?
Vous connaissez sans doute le principe de l’arbre de décision, « un outil d’aide à la décision représentant un ensemble de choix sous la forme graphique d’un arbre. Les différentes décisions possibles sont situées aux extrémités des branches, et sont atteintes en fonction de décisions prises à chaque étape » (source Wikipédia). J’ai décliné ce principe pour aider mes élèves à identifier les propositions subordonnées majoritairement travaillées au collège.
On propose la fiche avec un corpus de phrases variées : phrases simples et complexes, phrases dont les propositions sont subordonnées mais aussi coordonnées et juxtaposées. Les élèves utilisent l’arbre de décision pour les guider dans leur identification des subordonnées, répéter un processus dont l’objectif est d’ancrer les manipulations syntaxiques et intégrer des automatismes : repérer systématiquement les verbes, identifier le nombre de propositions, repérer les mots subordonnants, la place de la subordonnée.
Le point de départ de l’arbre se situe au milieu de la page, à gauche. Le début du protocole invite les élèves à vérifier que la phrase qu’ils soumettent à l’analyse est une phrase complexe (si ce n’est pas le cas, les différentes branches de l’arbre les conduiront selon leurs réponses vers la phrase simple ou verbale). A chaque question, les élèves opèrent un choix : Oui / Non et continuent leur chemin selon leur réponse en suivant les différentes ramifications de l’arbre. La deuxième phase vise à vérifier la présence d’un mot subordonnant (à défaut les élèves sont dirigés vers coordination ou juxtaposition) enfin, les questions déclenchent le processus d’identification de la subordonnée.
En résumé, avec l’arbre l’analyse des phrases de votre corpus se déclinera toujours de la même façon :
- Repérer les verbes.
- Compter le nombre de propositions.
- Repérer le mot subordonnant (ou à défaut la conjonction de coordination ou le signe de ponctuation dans les cas de phrases complexes sans subordination)
- Repérer la place de la subordonnée et le type de verbe employé (de pensées, de paroles …)
- Identifier précisément le mot subordonnant.
- Identifier la subordonnée (on ajoute ici les différentes manipulations syntaxiques à opérer qui ne figurent pas forcément toutes sur l’arbre pour des raisons de place et de lisibilité du document).

Choix et partis pris
Si je me suis évidement basée sur les programmes et les préconisations de l’ouvrage de référence Grammaire du français terminologie grammaticale en vigueur au collège, j’ai aussi fait le choix de ne pas faire figurer dans l’arbre de décisions les subordonnées infinitives et participiales qui font l’objet d’une séance à part. J’ai également opéré les simplifications suivantes :
- Proposition subordonnée interrogative seulement (je ne travaille pas en 3eme la distinction totale ou partielle dans le cas des subordonnées, je trouve que cela ajoute un degré de complexité inutile).
- Proposition subordonnée relative seulement (idem en 3eme, je n’opère pas la distinction substantive / adjective, pour les mêmes raisons).
- J’évacue la proposition subordonnée circonstancielle de comparaison hypothétique (je m’en tiens aux deux subordonnées de comparaison et d’hypothèse).
- Je n’utilise plus le terme de complétive, je m’en tiens au distinguo conjonctive / interrogative indirecte.

Vous l’aurez compris, je travaille toutes les subordonnées en une fois (même j’aborde la relative en 5eme) mais je ne vise pas l’exhaustivité. L’idée n’est pas de fournir aux élèves un maximum d’étiquettes avec lesquelles ils ne sauraient pas composer ou qui viendraient complexifier inutilement la tâche. Je préfère monter en niveau et en compétences sur les cas des infinitives et participiales plus tard (et selon le public). Enfin, comme dit précédemment, l’arbre de la subordination ne fait pas office de leçon, je détaille les propositions subordonnées et leurs fonctions dans d’autres supports.
Le document est disponible en deux versions : en couleurs pour être vidéo-projeté au tableau et en noir et blanc (une version que les élèves s’approprient souvent en le coloriant).
Comme dit en préambule, cette fiche outil est forcément imparfaite et comme tout document de travail elle se doit d’être questionnée, aussi n’hésitez pas à me retrouver sur Instagram si vous avez des questions, remarques ou retours ! A très vite. Céline.
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