Donner le goût de lire,  Pratiques de lecture

Le Bookboard

Vous connaissez sans doute le Moodboard, ce tableau d’inspiration bien connu des créatifs et très utilisé en décoration. Je vous propose ici une version détournée de cette célèbre planche de tendances, ce que j’ai nommé le Bookboard. L’objectif ? Mettre en images toutes les représentations nées de notre lecture et proposer à nos élèves, d’opérer une restitution de lecture imagée et oralisée !  

Le Moodboard, est donc à l’origine un tableau graphique et esthétique qui vous permet de visualiser vos idées, vos envies et vous aide à donner corps à vos projets. Une sorte de pêle-mêle visuel où se mélange images, matières, couleurs …

 

 

 

 

Si le Bookboard reprendra cette idée d’images à épingler, la donne sera légèrement différente, puisqu’il s’agira cette fois pour les élèves de donner corps à ce cinéma intérieur qui s’opère à chaque lecture. Trouver des équivalents imagés à ce que construit notre imagination, proposer des représentations de tout ce que notre cerveau assemble, visualise à la lecture. Personnages, lieux, univers, décors … l’idée est bien de mettre en forme ce que je vois, ce que j’imagine quand je lis. 

 

 

 
Comment ?

Par un travail de collecte d’images puis de composition, les élèves pourront travailler les mêmes entrées que pour n’importe quelle restitution : personnages, lieux, intrigue, époque, mais pourront ajouter également des éléments visuels capables de traduire l’ambiance, l’atmosphère du récit ou le genre de l’ouvrage : roman d’aventure, roman policer … Mais attention, toutes les images ou photos choisies devront faire sens, être en lien avec la lecture et être utilisées lors de la phase de restitution orale. On bannit donc ici les éléments purement décoratifs, vous l’aurez compris. 

 

 

Au fil de la lecture, les élèves fixent leurs représentations par une prise de notes au brouillon, puis se lancent dans une recherche et une collecte d’images. Ils peuvent utiliser des banques d’images libres de droits, citer leurs sources pour des images issues du net, utiliser le logiciel Canva ou travailler à partir de magazines. Ils structurent ensuite leur Bookboard, en proposant soit une lecture linéaire qui suit le récit soit par zonage selon les différentes entrées demandées ; personnages, lieux, intrigue. 

L’exemple que j’ai travaillé ici est un mélange des deux, qui s’est fait assez naturellement puisque j’ai suivi le fil de l’intrigue et intégré la présentation des personnages en suivant les étapes du récit.

 

 

 
Deux possibilités de mises en formes

  • Un Bookbaord version classique : les élèves travaillent sur une grande feuille de type exposé (blanche de préférence). Les images sont découpées puis collées à la main. Ils peuvent utiliser des bannières ou un système d’étiquettes pour indiquer les noms des personnages. Un travail pratique qui a ma préférence, car il donne au Bookboard toute son ampleur et engage les élèves dans un processus créatif concret. Autre avantage, la version papier vous offre la possibilité d’organiser une exposition au CDI ou sur les murs de vos salles et couloirs. 
  • Un bookboard numérique : les élèves opèrent le même travail de recherche et composent ensuite leur tableau en utilisant un logiciel de traitement de texte ou le site Canva. Ils pourront jouer facilement avec les tailles des images, les détourer, les positionner à des niveaux différents. Pour la restitution orale, il suffira d’enregistrer le document au format PDF et de le vidéoprojeter.  
 

 
Quels éléments restituer ?

Pour les personnages, il sera parfois difficile de donner un visage entier aux acteurs du récit, ce n’est d’ailleurs pas vraiment l’objectif. Les élèves rassembleront des morceaux capables d’offrir une représentation du héros ou de l’héroïne, yeux, forme du visage, cheveux, vêtements … l’idée est bien de composer sur le papier ce que le cerveau construit à la lecture. 

 

 

L’intrigue quant à elle pourra être restituée sous divers formes, des photos de scènes en lien avec le livre : images de courses poursuites, d’explosions par exemple si de tels événements se produisent dans le livre. Mais les élèves pourront utiliser aussi des éléments plus symboliques, photos de marionnettes, de masques pour un récit où la manipulation et le mensonge seraient au coeur de l’intrigue. Tout l’intérêt ici est bien que les élèves parviennent à traduire en images ce qui leur vient à l’esprit lors de la lecture. 

 

 

 

 

Les lieux ne poseront pas réellement de souci de restitution, les lecteurs pouvant prendre appui sur les descriptions ou les éléments de décors proposés par le texte. L’époque n’est pas forcément une entrée à intégrer d’office, elle peut se voir à travers les lieux, les vêtements des personnages par exemple. 

 

 

L’ambiance peut être un élément intéressant, on pensera à des photos de personnages apeurés, des décors nocturnes, des silhouettes, des paysages brumeux pour un Bookboard sur un récit fantastique par exemple. Il sera intéressant d’engager les élèves dans une phase de réflexion en les invitant à questionner le genre de l’ouvrage et les registres exploités dans le texte. 

 

 

 
Des représentations personnelles et une évaluation orale.

Vous l’aurez compris, s’il s’agit de mettre en images ce que je m’imagine à la lecture, il y a donc autant Bookboard que de lecteurs.trices et c’est bien là tout l’intérêt ! Lors de la phase de restitutions orale, les élèves pourront échanger sur leurs représentations, questionner celles des un.e.s et des autres, justifier et confronter leurs choix. Un travail de mise en images fécond qui appellera sans nul de nombreux échanges. 

 

 

 

L’étape de l’exposé oral viendra donc attester de la bonne lecture de l’ouvrage travaillé. Le Bookboard de l’élève fera office de notes et constituera pour lui la trace écrite à laquelle il peut se référer. Accessible à tous, ce sera également l’occasion pour le professeur de valider quelques compétences propres à l’exercice, notamment en fin de cycle 4 : 

 

 

  • Être capable d’une prise de parole continue d’une durée variable selon les types de discours (de cinq à dix minutes au maximum, si le propos croise narration, description, opinion et argumentation ; moins s’il s’agit d’une seule de ces composantes), avec quelques relances de la part du professeur si nécessaire.

  • Exprimer une impression, un avis, une opinion de manière raisonnée, en respectant les formes d’un oral codifié et socialisé.

  • Savoir faire preuve d’une relative liberté dans sa prise de parole par rapport à ses notes de préparation.

     

Quant à la suite ? Et bien pourquoi ne pas organiser une exposition au CDI, ou dans les couloirs du collège ou du lycée ? Accompagnés de la couverture du livre, et même pourquoi pas d’un exposé oral audio de l’élève (accessible  via un QR code) nul doute que ces Bookboard sauront donner aux autres l’envie de découvrir les livres travaillés par vos élèves !  

 

Comme toujours pour cet type d’activité, j’espère avoir été la plus claire et la plus complète possible, mais si toutefois vous avez encore des questions ou des hésitations, n’hésitez à me faire part de vos interrogations ou à venir échanger avec moi sur Instagram . 

 

Et puis, je le rappelle, mais par respect pour mon travail et en remerciement de ce contenu proposé gratuitement, merci de citer vos sources et de ne pas copier-coller le contenu proposé ici. A très vite, Céline.

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